ADMINISTRATION COMMUNALE DE HAMOIR

 

Notice détaillée sur l'hôtel communal.

 

1. Apercu historique.

Les documents du moyen âge ne permettent guère de suivre les développements sur l’activité du "Vieux Fourneau" avant le XVé siécle. L’usine fonctionnait à Hamoir dès avant 1425, sous la direction de Jean Antinvoye. Nous voyons construire de nouveaux bâtiments au même lieu, sur le Néblon en 1541, par Jeanne Lardinois, veuve de Raskin de My, et par Jean Simon de Hamoir, auprès d'un marteau qu’ils exploitaient déjà. En 1602, Lambert de Geer, de la famille du célèbre industriel qui alla créer cette industrie en Suéde leur donna une nouvelle extension. Guillaume Pels les vend en: 1609 à Michel Tuilhet, bourgmestre de Liège. Le prix de vente témoigne de leur importance : 6 800, florins, plus trois muids de rente à Gilson Del Cour, grand-père du sculpteur, 8 florins à Colienne de Ferrières, 24 florins à Michel de Marche, autant au sr Boileau, 300 livres de fer au chapitre de Malmedy et 100 1. de fer au Seigneur de Ville, le tout en rente annuelle.

Le 19 novembre 1616, Truilhet vend à Pochet "la maison, jardin, forge et fourneau, savoir nouvelle et vieille forge, maison" etc.

Propriétaires successifs : de Fraipont, Canigheter, Mariette, de Requilé, Dupont, Deliège, Kaisson, Dellorier, Lamarche, Chaumont, Madame Dechamps, qui devint Madame Wilmotte, puis Madame Thonet, puis de De Rycker, puis en 1951, la commune de Hamoir.

Les fouilles faites à proximité en 1920, à l’occasion d'agrandissements, ont mis à jour des poutres carrées, de 50 centimètres de côté, en chêne devenu noir comme l’ébène et du comme le fer et de notables quantités de scories de fer imparfaitement traitées par les antiques forges du pays qu'exploitait Madame Kaisson. On y fondait aussi les plaques dites "fonds de cheminée" dont les débris furent retrouvés en face sur l’autre rive du Néblon.

Note sur de Requilé.

L’entreprise des Requilé se heurte à de nombreuses difficultés. Leur situation est très obérée, ils doivent contracter des emprunts très importants à la suite de l’achat de I'usine de Hamoir. Néanmoins elle est mise en activité et atteint bientôt un chiffre de production relativement important. Un acte de 1705 nous montre Requilé envoyant de Hamoir 40.000 livres de fer fondu et fabriqué vers le pays de Liège. Mais l’exportation de ses produits cause de grands soucis à l’usinier. L’Europe est alors divisée par la guerre de succession d'Espagne opposant à la France les principales puissances. Au début de 1705, les Anglais et les Hollandais occupent la plus grande partie de la principauté de Liège. Ces derniers rétablissent pour leur compte les bureaux de douane et en particulier ceux de l’Ourthe inférieure. Ils exigent au passage de Tilff les 60 è des produits fabriqués aux forges de Hamoir qui auparavant jouissait de l’exception. Lambert Thonnar, homme d’affaires de Requilé qui accompagne le bateau élève à son arrivée une protestation devant notaire.

Requilé est d'autre part en conflit avec la communauté de Hamoir à propos du paiement des tailles dont il se prétend exempt. Finalement un accord intervient, au terme duquel l’usinier doit contribuer à la réparation de l’Eglise de Xhignesse pour une somme de 25 écus moyennant laquelle ses impositions sont fixées forfaitairement à 10 florins ??brabant pour payer même en cas de chômage 1000 du total de chaque taille à des usines.

 

2. Situation actuelle.

C'est aprés plus de deux années de discussion et de pourparlers, menés avec patience, tact et persévérance, par Maître Mourquin, Bourgmestre de Hamoir, assisté des échevins, Messieurs Danloy et Piron, que la commune de Hamoir a acquis cette propriété des "Vieux Foumeaux" qui englobe plus de 21 ha et qui depuis décembre 1951 est devenue propriété communale.

Elle comprend : deux grands corps de bâtiment (l’ancien et le nouveau) utilisés comme suit

Je terminerai cet exposé en vous signalant qu'à l’agréable notre Administration a aussi songé à joindre l’utile, au nécessaire, enfin à la question matérielle; aussi s'efforce-t-elle de retirer des revenus dans le domaine. C'est ainsi que les prés, les potagers, le garage, la pêche, certaines annexes sont loués pour un chiffre respectable, que les anciens locaux communaux ont été loués à des conditions avantageuses, qu'une coupe d'amélioration a donné des résultats satisfaisants.

 

En faisant semblable acquisition, notre Administration n'a pas envisagé seulement la question de se procurer un bel immeuble pour en faire l’Hôtel Communal, mais bien de revaloriser le patrimoine communal par l’apport de bois, de terre et biens fonds qui auront toujours une valeur intrinsèque, incontestée, d'augmenter le standing touristique en y apportant de nouveaux attraits, de posséder des locaux dignes et assez spacieux pour y voir un jour, du moins en l’espère, y installer la justice de paix et de contribuer par toutes ces choses à étendre le renom de la Commune "Hamoir" déjà reconnue comme la perle de la vallée de l’Ourthe.

 

L'inauguration officielle eut lieu le 22/06/52, en même temps que les festivités organisées pour les 25 années de fonction du Bourgmestre De Maitre Mourquin, en présence des hautes autorités des ministères de l’Intérieur, de la Santé Publique, du representant du Gouverneur de la province de Liège, M. Potier, du Commissaire d'Arrondissement de Huy, du D. Général Roland, de l’Inspecteur principal Beaujean, de l’Auditeur Militaire Dubois, du Conseil Communal de Hamoir, des représentants des Sociétés patriotiques, sportives, touristiques et autres, des Ecoles de la localité.